Commémoration du génocide arménien - Henri La Fontaine : « L’Arménie se meurt »

Le 20 novembre 1920, alors que la guerre arméno-turque fait rage, Henri La Fontaine prend la parole devant la Société des Nations. Il aborde la question arménienne.

Son principal propos : la difficulté de maintenir la paix si les questions économiques internationales et un désarmement massif ne sont pris en charge par la SDN. Parmi les problèmes rencontrés à l’époque, il souligne – déjà – la répartition inéquitable des matières premières, des industries de transformation et des richesses à l’échelle mondiale. 

Il parle aussi longuement, exemple des ravages de la guerre, de la situation dramatique en Arménie. Il dénonce le génocide dont le peuple arménien est victime et qui est commémoré ce 24 avril :

L’Arménie se meurt, un peuple d’un million d’hommes va être détruit devant une Société des Nations qui comprend 41 États dont les armées se montent à des millions d’hommes et dont les navires de guerre sont là-bas à Constantinople, à deux pas de la place où ces malheureux sont assassinés (...) La question financière n’existe pas davantage que la question militaire au point de vue technique. Le seul problème, c’est d’avoir la volonté, pour ceux qui sont ici, de faire cesser ce drame épouvantable. (Applaudissements)

Alors que l'Arménie se souvient aujourd'hui de cet épisode funeste de son histoire, nous nous souvenons que certains, comme Henri La Fontaine, avaient à l'époque tenté d'arrêter les massacres, et, objectif bien plus large, de mettre fin à toute guerre.